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Le pont Honoré-Mercier
Construction
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La
construction des piliers
L'existence
d'une épaisse couche de marne glacière au-dessus du roc, la profondeur
du fleuve et la vitesse du courant ont obligé les ingénieurs à chercher
hors des techniques habituelles le procédé le plus adapté à l'érection
des piliers de ce pont.
Étant donné la profondeur du fleuve Saint-Laurent, les ingénieurs se
refusèrent à utiliser les bâtardeaux et optèrent pour la construction
sous caisson pneumatique. Cette dernière méthode n'avait pas été
utilisée depuis vingt-cinq ans à Montréal.
Les parois en acier des caissons furent fabriquées en éléments démontables
par la compagnie Dominion Bridge à son usine de Lachine. Ces éléments,
transportés par barges de la ville de LaSalle jusqu'aux chantiers de
Dufresne Engineering situés en aval du pont, furent ensuite assemblés en
caissons.
Des anneaux furent soudés à l'extérieur des parois pour y introduire de
lourds pieux en acier de 0,254 m (10 pi) de diamètre. Après
l'assemblage, les caissons furent fixés à deux bâtis montés sur barges
solidement reliées l'une à l'autre. Il s'agissait alors d'acheminer ces
caissons à l'endroit exact où la construction des piliers devait avoir
lieu. Les ouvriers enfonçaient des pieux dans les anneaux de façon à
assurer la stabilité des caissons durant l'échouage.
Une centrale de dosage qui assurait l'approvisionnement en béton pour le
coulage des caissons, était, elle aussi, installée sur barge. Une autre
embarcation était utilisée pour la centrale d'air comprimé. Les
chambres de travail communiquaient avec l'extérieur par trois puits
terminés par des écluses à air comprimé. L'accès du centre servait
aux ouvriers, tandis que l’accès des deux extrémités assurait la
sortie des agrégats excavés. Les travaux d'excavation furent exécutés
sans trop de problèmes. On effectua même plusieurs dynamitages à ce
niveau afin de déloger de gros morceaux de roc.
Toutefois, la mise en place de deux caissons présenta des difficultés.
En effet, l'un de ces caissons devait être érigé à moins de 12 po
(0,305 m) du pilier correspondant du vieux pont, ce qui obligea les ingénieurs
à lui donner une forme particulière. Les dimensions du caisson (32 pi ou
9,75 m par 71 pi 11 po ou 21,94 m) rendaient ce dernier trop lourd pour le
chevalement fixé par Dufresne Engineering, de sorte qu'il fallut le faire
assembler par Dominion Bridge dans le canal de Lachine et le faire flotter
jusqu'au site du pont.
En raison des dimensions considérables et de la forme spéciale du
caisson, de même que de la force du courant, il devint nécessaire
d'ajouter une barge à l'extrémité en amont du caisson. L’embarcation
était reliée par câbles au caisson qui était muni d'un déflecteur
pour diminuer sa résistance aux courants violents. À la hauteur du pont
du Canadien Pacifique situé en amont, dans un courant de 12 pi (3,66 m)
à la seconde, des ancres furent jetées de la barge. De puissants treuils
installés sur la péniche immobilisée servirent à retenir le caisson
pendant les derniers 599 pi 6 po (182,80 m) du voyage. Une fois à
l'endroit de l’échouage, un troisième câble fixé à un point
d'attache sur la rive sud fut utilisé pour amener le caisson en position
finale.
L'aventure attendait l'autre caisson qui partit à la dérive... Les
vibrations induites provoquées par les courants violents brisèrent les câbles
d'ancrage temporaires et le caisson rempli de béton alla s'échouer sur
un banc à 999 pi 3 ½ po
(304,67 m) en aval du pont. On réussit toutefois,à le récupérer malgré
la puissance du courant.

Surélévation de la partie du pont surplombant la Voie
maritime
En
1958-1959, l'Administration de la Voie maritime du Saint-Laurent entreprit
de surélever la partie du pont qui surplombe la voie maritime alors en
construction, soit les travées du côté sud, à partir de la pile 14,
afin de permettre aux navires d'emprunter cette voie. La partie surélevée
du pont, qui représente environ la moitié de la longueur totale de ce
dernier, est ainsi de compétence fédérale.

Construction du deuxième pont
En
août 1963, c'est le doublement des voies. En effet, les deux voies du
pont Honoré-Mercier ne répondent plus aux besoins sans cesse
grandissants de la circulation et le ministère des Travaux publics du Québec
fait construire un second pont en aval du premier. À cette occasion, le
tablier du vieux pont fut modifié afin de faire porter sa capacité à
celle de son « conjoint ». De plus, les piliers furent légèrement
transformés; les surfaces entières des piles furent recouvertes d'une
nouvelle couche de béton armé et leur forme fut modifiée afin de la
rendre identique à celle des piliers du nouveau pont. Le « nouveau »
pont franchit ainsi désormais la voie maritime et le Saint-Laurent en côtoyant
du côté ouest son ancêtre sur toute sa longueur.
En définitive, il ne reste du pont construit en 1932 que la partie qui s'étend
entre les deux rives, soit une infrastructure de béton et une
superstructure d'acier.
Le jumelage du nouveau et de l'ancien pont a permis de doubler le nombre
de voies carrossables entre les deux rives en, les portant de deux à
quatre. La circulation nord-sud se fait ainsi sur l'ancien pont et le
trafic sud-nord sur le nouveau.
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