Coût de construction
Le
coût de construction du pont Champlain fut d'environ 35 millions de
dollars. Si l'on inclut les approches et l'autoroute Bonaventure, le coût
fut d'environ 52 millions de dollars.

Appel d'offre pour la construction (1957)
En
1957, une fois les plans terminés, le Conseil des ports nationaux demanda
des soumissions sur la base d'un projet dont les plans étaient fournis
aux soumissionnaires. Cependant, dans le cadre du projet, on autorisait la
présentation de variantes soumises à des conditions bien définies. En
tout, 14 entreprises ont présenté 28 propositions.

Piles de la section 6 (25 juillet 1957)
Le premier contrat fut adjugé le 25 juillet 1957 à la firme Atlas
Construction Company Limited pour la construction des quatre piliers
supportant la structure métallique dans la section 6. Ce contrat fut
accordé plus tôt que prévu pour permettre la construction de deux piles
se trouvant à l'intérieur de la digue de la voie maritime, alors en
construction, et ce, avant que le chenal ne soit inondé.

Piles et culées du côté de Montréal, barrages
temporaires (1958)
En
1958, on accorda trois contrats pour la construction de barrages
temporaires et pour l'exécution de travaux de remblayage à l'île-des-Soeurs,
de même que pour la construction des piles et des culées du côté de
Montréal.
À
la différence de l'approche adoptée pour la construction des piles de la
plupart des ponts, aucun caisson étanche n'a été construit en atelier.
Les piles ont été assemblées dans le fleuve. Elles reposent sur un lit
de schiste à une profondeur moyenne de 39 pi 4 po (12 m) sous le niveau
des plus hautes eaux; leur hauteur varie de 11 pi (3,35 m) à 85 pi 3 po
(26 m). La forme circulaire des piles et la dimension de ces dernières
ont été dictées par les conditions de résistance à la pousse de la
glace, qui est de 30 tonnes par mètre linéaire de largeur de pile mesurée
perpendiculairement à une direction faisant 30o avec l'axe longitudinal
de la section.

Piles et structure des sections 5 et 7 (25 juin 1959)
Le
plus gros contrat du projet fut celui accordé pour la construction des
piles et de la structure d'une longueur de 8 096 pi (2 468 m) dans les
sections 5 et 7. Il fut octroyé le 25 juin 1959, pour la somme de 8 319 000
$, aux trois entreprises associées sous le nom de MKD, soit :
McNamara (Québec) Limited, The Key Construction Inc. et Deschamps et Blanger
Limitée.
Ce
contrat concernait 46 travées de sept poutres, chacune en béton précontraint
d'environ 176 pi (53,6 m) et supportée par des piles en forme de T
reposant sur un lit d'argile. Le temps de construction de chaque pile a été
très variable : les piles construites le plus rapidement demandèrent
environ 15 jours de travail alors que celle ayant présenté le plus de
difficultés exigea 49 jours, la moyenne se situant à 28 jours de travail
par pile. Les piles ont été construites à un rythme moyen de 6,5 piles
par mois. À l'époque, l'utilisation du béton précontraint pour la
construction de poutres était récente; ce contrat représentait la plus
importante application du béton précontraint dans le pays tant comme
portée individuelle qu'à titre de quantité d'ouvrage.
Le
contrat a débuté en juillet 1959 pour se terminer en novembre 1961, une
journée avant la date prévue de la fin du contrat, pour un total de 22,5
mois d'activité, si l'on ne compte pas l'arrêt total du chantier
durant les mois d'hiver de 1960 et de 1961.

Travées du Pont - première canadienne
La
construction des travées du pont a donné lieu à une première
canadienne en matière d'ouvrage majeur, soit l'utilisation de poutres
en béton précontraint et de câbles de tension de type Freyssinet qui
confèrent une très forte résistance au béton.
Un
parc a été aménagé sur l'île-des-Sœurs pour la fabrication des 476
poutres en béton précontraint, dont 322 ont servi pour les sections 5 et
7. Le parc comprenait une aire de manutention où étaient placées huit
bases de coulage de poutres et une aire de fabrication des armatures. On
devait compter 10 heures de travail chaque jour pour fabriquer trois
poutres. Une grue à tour circulant entre les deux zones d'activité
desservait le chantier. Étant donné son importance, une installation mécanique
était prévue pour la fabrication des câbles de précontrainte. Les
poutres étaient par la suite transportées sur une distance de 1,5 mille
(2,5 km) par deux ponts roulants se déplaçant sur rails. La mise en
place se faisait à l'aide d'un portique métallique de 370 pi 7 po (113
m) de long et pesant plus de 250 tonnes. Au plus fort des travaux,
l'entrepreneur posait deux travées complètes par semaine.

Structures de la section 3 (juillet 1959)
En juillet 1959, on adjugea le contrat des structures de la section 3,
soit 12 travées de 7 poutres d'une longueur de 128 pi (39 m) chacune,
pour un montant de 1 044 000 $. Ces poutres, comme toutes les autres
d'ailleurs, ont été préfabriquées au parc de l'île-des-Sœurs.

Superstructure d'acier et chaussée de béton, section 6
(octobre 1959)
Le
contrat pour la construction de la superstructure d'acier et de la chaussée
de béton dans la section 6 fut adjugé à l'entreprise Dominion Bridge
Company Limited le 1er octobre 1959, pour la somme de 5 907 000
$.
Ce
contrat concernait les trois portes principales de type cantilever de 1
477 pi 9 po (450,5 m) qui traversaient le chenal de la voie maritime et
les quatre fermes latérales d'une porte de 256 pi 9 po (78,2 m)
chacune, soit une longueur totale de 2 504 pi 9 po (763,6 m). La
construction de la travée de type cantilever de 1 477 pi 9 po (450,5 m)
et de la travée suspendue a demandé 15 mois de travail continu, soit de
juin 1960 à septembre 1961; les travaux se sont poursuivis même durant
les mois d'hiver puisque la construction d'ouvrages en acier,
contrairement à celles pour lesquelles on utilise d'autres matériaux
comme le béton précontraint, n'est pas touchée par les conditions
climatiques. Au total, 11 000 tonnes d'acier ont été requises pour la
fabrication des poutres qui ont été produites à l'usine de Dominion
Bridge Company Limited, Lachine.
Proportionnellement,
la section ne constitue qu'une petite partie de l'ensemble du projet, mais
en raison de la complexité des problèmes qu'ont soulevé sa conception
et sa construction, elle représente sans aucun doute la partie
principale. Selon les dessins, une travée entièrement dégagée de 706
pi 9 po (215,5 m) était exigée entre les piles principales. De plus, le
tablier d'acier devait surplomber de 120 pi (36,6 m) le plan d'eau. La
voie maritime étant déjà ouverte à la navigation, les échafaudages et
l'équipement flottant n'étaient pas permis dans le chenal. Les travées
du centre furent donc érigées en porte-à-faux à partir des deux piles
principales situées de chaque côté. Chaque côté de l'ouvrage fut
avancé progressivement dans le vide jusqu'à ce que les deux sections
aboutissent face à face et soient finalement réunies.

Dernière poutre (21 septembre 1961)
La
dernière poutre fut solennellement mise en place le jeudi 21 septembre
1961. À l'aide d'une grue géante et d'énormes leviers hydrauliques, la
poutre d'acier de 15 tonnes a d'abord été hissée au sommet de la
structure métallique, puis boulonnée. Tout le travail d'assemblage,
d'une grande précision, était synchronisé par téléphone d'un poste de
contrôle central. Deux ouvriers ont par la suite hissé l'Union Jack au
sommet de la structure métallique. Le lendemain, l'honorable Lon
Balcer, alors ministre fédéral des Ports, procédait à une visite du
pont.

Éclairage, édifices, postes de péage (1961 et 1962)
Les contrats pour l'éclairage, les édifices, les postes de péage et les
enseignes furent accordés en 1961 et en 1962.

Construction de la deuxième voie d'accès (1963)
C'est en juillet 1963 que les contrats pour la deuxième voie d'accès,
soit les approches du tunnel Atwater et du boulevard de la Vérendrye, ont
été adjugés aux firmes Charles Duranceau Limitée et Quebec Engineering
Limited.

Autoroute Bonaventure (1965 et 1966)
Quant
au contrat de construction de la première partie de l'autoroute
Bonaventure, il fut accordé le 6 août 1965; cette partie fut particulièrement
utile lors des travaux d'aménagement de l'Expo 67. Les contrats pour les
deuxième et troisième parties de cette autoroute furent adjugés en février
et en avril 1966 respectivement et prirent fin peu de temps avant l'Expo
67.